D'un petit appartement parisien à San Francisco

Entrepreneuriat

7 mars 2022

4 min

Connaissez-vous Weweb ? Une solution "no-code" pour construire des applications web rapidement. Dans cette interview, nous revenons sur le parcours de cette jeune startup française et de son CEO, Raphaël Goldsztejn, depuis son adhésion en 2020.

Raphaël, tu as rejoint il y a quelques années LeClub de FrenchFounders, peux-tu nous en dire plus sur toi et ton entreprise ?

J’ai cofondé weweb.io, une solution qui permet aux entreprises de construire des applications web rapidement, sans avoir à coder.

On s’est lancés avec mes deux associés Marc et Florian il y a 4 ans, à l’époque où le “no-code” n’était pas encore une tendance.
En 2018 il existait beaucoup de solutions pour construire des outils digitaux simples en “drag & drop”. Mais cela fait très peu de temps que les équipes techniques et les agences web considèrent les plateformes “no-code” comme suffisamment matures pour construire des outils complexes et de premier plan au sein de leurs entreprises.

Ce changement de regard sur le “no-code” a ouvert un boulevard pour le lancement de nouvelles plateformes plus robustes et performantes à destination d’un public de professionnels.

WeWeb fait partie de cette vague de nouveaux outils. Nous nous adressons à un public expert qui souhaite pouvoir créer des produits digitaux le plus rapidement possible, sans avoir à coder, mais tout en restant exigeant techniquement.

WeWeb est aussi et avant tout une belle aventure humaine qui nous a amené de nos débuts dans un petit appartement parisien, jusqu’à San Francisco pour intégrer le fameux accélérateur Y Combinator, et désormais avec une belle équipe internationale présente sur 2 continents.

WeWeb a levé des fonds avec LeFonds de FrenchFounders, peux-tu nous partager ton retour d’expérience ?

Nous entretenons une relation forte avec FrenchFounders depuis plusieurs années maintenant. Vous nous avez accompagnés lorsque nous avons passé les oraux de Y Combinator à San Francisco. Vous nous avez aidés lorsque nous cherchions à interviewer des professionnels du web pour faire notre recherche utilisateurs. Enfin, vous nous avez soutenus après Y Combinator pour trouver des partenaires aux Etats-Unis et continuer notre croissance.

Alors c’est tout naturellement que nous avons souhaité faire entrer LeFonds à notre capital et nous sommes fiers qu’ils aient accepté d’investir chez nous.
Aussi, depuis la levée de fonds en mai dernier, nous avons eu des échanges très constructifs avec Géraldine concernant notre implantation aux Etats-Unis et nos recrutements.

Je recommande vivement LeFonds à toutes les startups qui cherchent à lever en ce moment.

Concrètement, quels sont les bénéfices pour les entreprises à adopter une plateforme de “no-code” comme celle de WeWeb ?

L’avantage numéro un, c’est la rapidité d’exécution qu’offrent les plateformes “no-code”. Avec WeWeb par exemple, n’importe quel employé qui a une certaine appétence technique et un peu d’expérience en gestion de projet peut construire et déployer une application interne ou un portail client qui va favoriser la digitalisation de son activité.

Pour les entreprises, ça veut dire qu’elles peuvent faire croître rapidement leur présence en ligne dans un contexte où il est très difficile de trouver de bons développeurs et beaucoup plus facile de trouver des collaborateurs curieux qui ont envie de monter en compétences sur ces sujets sans forcément apprendre le développement web de A à Z.

En bref, le “no-code” permet aux entreprises de lancer des projets digitaux qui n’auraient pas pu voir le jour autrement.

Concernant WeWeb plus particulièrement, ce que l’on propose aux entreprises, c’est de pouvoir construire une belle interface utilisateur sans coder et de la connecter facilement à une source de données existante, qu’il s’agisse d’un “Airtable” ou d’un “Google Sheet”, d’”API REST” tierces ou de bases de données SQL propriétaires.

Le marché des plateformes de développement “low code/no code” devrait approcher les 21,2 milliards de dollars d’ici 2022 (versus 1,7 milliards de dollars en 2017).

Quels sont vos défis et comment vois-tu évoluer WeWeb pour saisir un maximum d’opportunités ?

Effectivement, le marché du “low code/no code” est immense et grandit très rapidement du fait de la digitalisation de l’économie.

Le premier défi dans ce contexte, c’est d’apporter quelque chose de différent, une valeur que les autres plateformes ne proposent pas.

Chez WeWeb, on s’adresse aux professionnels ayant des bases de données préexistantes et souhaitant créer facilement des interfaces utilisateurs pour interagir avec ces données. La plupart des autres plateformes “no-code” vont à l’inverse proposer de créer la base de données et les interfaces au sein de leur outil directement, ce qui rend difficile la connexion avec l’existant.

Attention, cela ne veut pas dire que les solutions qui regroupent le “backend” et le “frontend” sont moins bonnes, simplement que nous pensons qu’elles répondent à un besoin différent.

A partir de là, nos autres défis sont : se faire connaître, permettre à un maximum d’utilisateurs de bénéficier de notre solution et continuer d’apprendre de ceux-ci pour améliorer sans cesse notre produit.

Comment pense-t-on évoluer pour saisir un maximum d’opportunités ?
La première chose, c’est que nous souhaitons être de plus en plus présents à l’international et notamment aux Etats-Unis. L’émulation formidable que l’on ressent au sein de la communauté “no-code” France nous donne beaucoup d’énergie et l’envie de construire des relations aussi fortes et inspirantes à travers le monde.

La deuxième chose, c’est que nous allons accorder une plus grande priorité au contenu éducatif pour aider nos utilisateurs à remplir leurs objectifs. Webflow et Bubble font ça très bien et, si dans quelques années, WeWeb aura permis de créer une communauté dynamique de créateurs qui gagnent leur vie grâce à notre outil, nous aurons gagné notre pari.

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