Catherine Chardon
Photo de Nicolas Brusson

Catherine Chardon

CEO

Catherine Chardon : CEO RATP Developement

RATP Dev, une filiale de la RATP basée à New York

 Ton entreprise en 2 phrases?

Créée en 2002, RATP Dev est une filiale de la RATP qui déploie l’expertise du Groupe et assure l’exploitation et la maintenance de réseaux de transports urbains et interurbains en France et à l’international. Présente dans 15 pays et 5 continents, la filiale a réalisé 1 Milliard 200 Millions d’euros de CA en 2015 et prévoit un plan de développement de 2 Milliards d’ici 2 ans.

Depuis 2009, le siège Amérique du Nord est basé à New-York où plusieurs investissements ont été effectués : une filiale au Texas spécialisée dans le transport public présente dans 19 états des US, une autre spécialiste des transports scolaires en Pennsylvanie. Par ailleurs, RATP Dev a remporté des appels d’offre d’exploitation de deux « Streets cars » en Arizona et à Washington DC.  

En mai 2014, le groupe a lancé le service  « Open Loop » qui propose des autobus « double deck » effectuant la visite de NY.

Ton rôle, tes responsabilités au sein de la société, comment tu en es arrivé là ?

Après 23 ans de carrière au sein du Groupe RATP en France et en Suisse, je suis arrivée en août 2014 aux USA pour piloter les activités Amérique du Nord de la filiale RATP Dev. Ma mission consiste à continuer le développement des filiales sur l’Amérique du Nord, de piloter et manager les opérations et définir notre plan stratégique pour les années à venir.

Ton dernier gros projet ou challenge?

L’équipe travaille sur beaucoup d’appels d’offre mais nous avons eu un projet particulièrement difficile pour un partenariat privé/public afin d’assurer pendant 30 ans l’exploitation d’un projet de Tramway dans le Maryland. Nous n’avons malheureusement pas remporté ce deal, un concurrent a gagné l’appel d’offre.

Nous sommes très attachés aux sujets liés à l’innovation afin que le Groupe rencontre un maximum de start-ups. En effet, la transformation des villes va avoir un impact considérable sur les transports publics et nous avons besoin d’être au cœur des innovations. A ce jour, le marché Américain est très peu dynamique dans l’investissement des infrastructures de transport, il devra se réveiller pour continuer à être au top des puissances mondiales.

Un(e) business man/woman que tu admires? Et pourquoi.

J’ai une grande admiration pour Laetitia Gazel Anthoine, Fondatrice de Connecthings, qui déploie dans les espaces publics des réseaux de balises de technologie sans contact qui transforment des objets urbains passifs en point d’interaction intelligents, connectés (« smart »), capables de communiquer avec les smartphones des habitants et visiteurs. J’admire les femmes entrepreneurs qui ont le courage de prendre des risques, de venir aux USA avec leur famille après avoir levé des fonds.

Ta plus grande réussite ?

Ma plus grande réussite est lorsque j’étais en charge de développer les activités de la Business Unit France-Suisse. A mon arrivée, cette BU réalisait 80 millions d’euros de CA et nous sommes passés en 5 ans à 350 Millions de CA par croissance organique et acquisitions.

J’ai par ailleurs recruté toutes les équipes formant les fonctions support de la BU et notre rentabilité business était excellente.

Un moment d’humilité/un échec dont tu as tiré quelque chose?

Lors d’un partenariat, j’ai dû travailler main dans la main avec Veolia. Cette expérience n’a pas du tout été concluante mais cela m’a permis de comprendre la concurrence et travailler dans un environnement complexe. Au final, comme tout échec, cela s’est révélé être un véritable tremplin pour ma carrière par la suite.

Si tu devais donner un conseil aux autres FrenchFounders?

Mon premier conseil serait d’avertir la communauté : tout ce qu’on dit sur les USA est Faux !

En effet, le marché américain n’est pas très ouvert et ils ne nous attendent pas pour faire du business! Au final, c’est un marché qu’on connait peu et il ne faut absolument pas partir avec des idées reçues. Je conseille à chacun d’apprivoiser ce marché en amont et de travailler avec des américains.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que notre culture française est assez éloignée. En terme de business, croire que c’est facile est faux : l’administration, les taxes, la gestion des RH ne sont pas simples non plus.

En revanche, il y a une particularité chez les américains, un réel optimiste qui est très appréciable.


 

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