Digital Native Brands : l'entrepreneuriat à l'heure du digital

Le 8 janvier dernier à Paris, FrenchFounders recevait Anthony Bourbon, Fondateur et CEO de Feed. et Louis Marty, Co-Fondateur et CEO de Merci Handy. Ces deux entrepreneurs avides de partager leurs histoires ont animé l'échange autour des Digital Native Brands (DNB) et sont revenus sur les challenges rencontrés et les difficultés surmontées, ainsi que sur l'importance de leurs communautés respectives, fédérées autour de l'authenticité de leurs marques. Un superbe moment d'échange en toute transparence...

Le 8 janvier dernier à Paris, FrenchFounders mettait à l’honneur deux entrepreneurs avides de partager leurs histoires respectives avec les membres du Club. Ce jour-là, notre afterwork était dédié aux Digital Native Brands (DNB), mais aussi et surtout à deux parcours entrepreneuriaux uniques, auxquels bien d’autres membres ont pu s’identifier.

Retour sur un échange sans fard avec Anthony Bourbon, Fondateur et CEO de Feed. et Louis Marty, Co-Fondateur et CEO de Merci Handy. Deux marques que tout semble opposer mais qui présentent en réalité bien des similitudes. 

 

D’un côté, Feed. propose des repas complets et en formats pratiques - barres, boissons, poudres - destinés aux personnes actives. Anthony l’affirme, ces repas n’ont pas vocation à remplacer intégralement l’alimentation traditionnelle ; ils se veulent plutôt une alternative saine et adaptée aux besoins, surtout dans les moments d’empressement. « Plus qu’un repas, raconte Anthony, consommer Feed. c’est montrer au monde que vous êtes dans l’atteinte de vos objectifs ».

Cette philosophie, c’est avant tout la sienne. Lui qui a grandi dans une famille violente et s’est retrouvé dans la rue à 16 ans n’a eu de perspectives d’avenir que celles qu’il s’est données. Convaincu qu’il pouvait accomplir quelque chose à force d’efforts et de compromis, il crée Feed. avec cette même mentalité, revancharde et assumée. « Ce n’est presque pas grâce au produit qu’on a réussi, mais plutôt grâce à l’envie qu’on y a mis et la volonté commune qu’on a réussi à générer dans l’équipe ».

 

De l’autre côté, Merci Handy et son univers bien différent, imaginé autour de l’arc-en-ciel. L’idée de départ était de réinventer le gel mains nettoyant, autrefois assez banal et dont les marques ne proposaient aucune innovation ni différenciation. Depuis, la marque a su mettre en avant un produit unique, à la mode et que les millennials s’arrachent.

Aujourd’hui, Merci Handy est une marque cosmétique qui se veut attentive aux besoins et aux contraintes de l’époque : produits sains, packaging éco-responsables… La marque, qui avait connu son tout premier succès chez Colette, a par la suite su convaincre Sephora, H&M, Urban Outfitters et bien d’autres. Elle élargit désormais son champ des possibles avec de nouvelles initiatives telles que l’oral care. 

 

Le web, nerf de la guerre des DNB


Ces deux marques que tout semble opposer ont néanmoins des points communs, à commencer par la spécificité de leur modèle ; toutes deux des DNB, elles sont nées et se sont fait connaître sur le web, même si elles génèrent désormais aussi du revenu en magasin. « On est des DNB dans le sens où sans le web, on n’existe pas » appuie Louis.

Grâce à Internet, Anthony et Louis ont pu partager leur vision et, par voie de conséquence, celle qu’ils souhaitent transmettre par le biais de leurs marques respectives. Toutes deux, Feed. et Merci Handy ont mis l’authenticité au cœur de leurs modèles respectifs.

 

La communauté, clé de voûte dans la réussite des DNB 


L’autre point commun entre ces deux marques, c’est la force de leurs communautés respectives, fédérées grâce à cette authenticité comme le souligne Anthony : « Avec Louis, on est très différents dans notre manière de faire du business et de communiquer, mais dans les deux cas ça fonctionne parce que la boîte est le prolongement de la mentalité du fondateur. La communauté le ressent, accroche à l’histoire et veut y participer ».

Louis partage cet avis ; « Notre communauté, c’est notre plus grande fierté. Ce sont des personnes qui achètent, qui testent, mais sont aussi capables d’interagir ». Il a d’ailleurs eu la preuve de l’engagement de cette communauté lorsque Merci Handy, forte de près de 370 000 followers sur Instagram, a souhaité apporter son soutien lors des incendies en Australie. Pour ce faire, la marque a posté une photo où chaque like apposé équivalait à un don à la Croix Rouge Australienne. « On s’est lancés il y a deux mois en Australie et avec ce qui s’est passé, on s’est sentis obligés de faire quelque chose, alors on a utilisé la force de notre communauté. On a touché quasiment 1 million de personnes en 24H dans une centaine de pays ». À ce sujet, Louis et Anthony partagent la même opinion : il faut prendre position uniquement si cela est cohérent et aligné avec la vision de l’entreprise, partagée par la communauté. « Il ne faut pas parler faux, les gens sauront le détecter et s’ils sentent que ce n’est pas aligné, ça ne prendra pas » appuie Anthony.

Avec une telle exposition médiatique, les DNB peuvent être vulnérables et à la merci - entre autres - de bad buzz qui peuvent grandement affecter leur réputation s’ils ne sont pas correctement gérés...

 

Quelle place pour l’international ? 


En online comme en offline, être présent à l’international présente certains challenges. À échelles différentes, Feed. et Merci Handy ont tous deux levé les voiles, jusqu’à atteindre plusieurs milliers de points de vente chacun dans des dizaines de pays.

Au sujet de l’Europe, tous deux ont eu le même sentiment ; « dans un sens, l’Europe est facile, d’un point de vue commercial et exportation c’est très simple. Par contre, d’un point de vue marketing et brand, c’est un peu plus compliqué » détaille Louis. Il évoque d’ailleurs comment, pour des raisons d’adaptation aux langues locales, Merci Handy s’est retrouvé avec - entre autres - 5 sites, CRM et retargeting différents, avant de revenir à un process plus simple.

Anthony renchérit d’ailleurs « En France, ça peut être facile de vite réussir, mais quand tu veux commencer à grossir, il faut réussir à affronter le marché européen qui est complètement éclaté et difficile à adresser ». Tous deux ont d’ailleurs adopté une logique de testing, en utilisant d’abord le online pour comprendre le marché. Anthony précise ; « je pense qu’il faut se concentrer sur son marché domestique, être opportuniste et aller chercher les bons coups quand ils tombent, et après se concentrer rapidement sur une zone géographique qui est assez grosse pour être intéressante. »

 

Quels points-clés garder à l’esprit pour une DNB ?


Aux DNB et aux entrepreneurs en général, Anthony et Louis conseillent de garder certains éléments en tête pour tendre vers le succès… 

- L’authenticité est clé pour créer et consolider sa communauté - les valeurs de l’entreprise, directement transmises par son fondateur, doivent être le fil rouge de son activité - aussi bien pour crédibiliser que pour fidéliser. 

- L’engagement de l’équipe est indispensable dans la réussite ; des collaborateurs motivés et qui adhèrent aux valeurs de l’entreprise transmettent cette énergie et deviennent de réels ambassadeurs. 

- S’il faut savoir saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, il ne faut pas les laisser nous submerger ; patience est aussi mère de sûreté... 

- Même en étant une DNB, il faut savoir construire et garder un équilibre dans son activité via les canaux online et offline ; d’après Anthony, « c’est primordial d’avoir ces deux jambes : les deux vont s’apporter mutuellement. »

Join Us