Sandrine Zerbib
Photo de Nicolas Brusson

Sandrine Zerbib

Founder and chairman

Sandrine Zerbib, Founder de Full Jet

Full Jet est un service de consulting qui accompagne les marques de sport et de mode, principalement en Chine

Quelques mots sur ton parcours ? 

J’ai un parcours atypique, tant au niveau de mes études que de mon parcours professionnel. J’ai commencé à travailler dans une banque, en fusion-acquisition. C’est à l’occasion de la Saga de la vente d’Adidas, qui a commencé par le rachat par Bernard Tapie de 80% d’Adidas que j’ai rencontré Robert Louis-Dreyfus, qui a racheté la marque à son tour et en a pris la direction. Il m’a proposé une mission de conseil en Chine, pour explorer le potentiel commercial dans ce marché difficile mais plein d’avenir où dès les années 90, on sentait que c’était sur ce territoire d’exception que l’histoire aurait lieu. C’était très difficile, mais je me suis battue pour rester et implanter Adidas là-bas - en partant de zéro mais avec beaucoup d’engouement pour la marque ! Une aventure passionnante de près de 15 ans, à la tête de la filiale de ce grand Groupe, pour laquelle je disposais de beaucoup de libertés dans une époque très favorable. Le départ de Robert Louis-Dreyfus a marqué la fin de son style unique, j’avais alors le choix de continuer l’aventure ou d’en tenter une nouvelle, j’ai pris la deuxième option en devenant CEO pour une entreprise locale, avant de créer Full Jet. 

Ton business en 2 phrases ?

J’ai toujours du mal à le décrire en si peu de mots ! 
Pour résumer, nous sommes un service de consulting pour les marques de sport et de mode, principalement en Chine. Nous apportons une aide, un accompagnement opérationnel, une gestion de la partie digitale, du conseil sur les problématiques de distribution, qui est le point d’ancrage ici. Le constat que l'on dresse est qu’on ne peut plus séparer vente et marketing comme avant, le marketing qu’on fait est très lié à la vente finale. 
Et le défi reste tout de même “comment vendre en Chine” !

Quel est ton rôle chez Full Jet ?

Mon titre exact est fondatrice, mais aujourd’hui je suis Chairman, c’est-à-dire que j’essaye de déléguer l’opérationnel quotidien pour me tourner vers le business development, ainsi que la création et l’entretien d’alliances.

Ton dernier gros projet ou challenge ?

Il y en a tout le temps ! S’il fallait en choisir un [sur lequel je ne peux pas en dire trop car je suis “au milieu du gué”], je dirais le partenariat très fort que nous sommes en train de tisser avec une entreprise locale. 
C’est un partenariat de la famille des Grand Projets, gros espoirs et gros challenges ! 

Un ou une business man / woman que tu admires, et pourquoi ?

Loin de moi l’idée d’être prétentieuse, mais je n’admire personne. Envier oui à la limite, mais admirer non : c’est simplement un trait absent de ma personnalité. Je suis assez réaliste et cynique, donc pour moi lorsqu’on admire une personne c’est juste une partie de cette personne, une de ses réussites ou un de ses projets mais il me semble impossible d’admirer une personne dans sa globalité - pour la simple et bonne raison qu’on ne connaît jamais l’autre dans sa totalité.  En revanche je peux reconnaître, admirer une création, un projet, mais je suis assez réticente envers les dérives de l’admiration quand elles mènent au culte de la personnalité. 

Ta plus grande réussite ?

Sans doute le développement d’Adidas en Chine, avec un très beau parcours et le fait d'avoir pris les bonnes décisions dans des conditions difficiles. En Chine, le marché connaît des phases variables. A chaque fois, j’ai su aborder ces phases en prenant des décisions saines pour le Groupe, en accompagnant les différentes phases de croissance intense tout en anticipant les phases conjoncturelles plus “douces”.

Un moment d’humilité / un échec dont tu as tiré quelque chose ?

Etre devenue entrepreneur après avoir été Corporate. Venir du Corporate, même avec les conditions exceptionnelles dont je bénéficiais - être en totale liberté, dans une position entrepreneuriale au sein d’un groupe - c’est radicalement différent que le fait d’être à 100% entrepreneur. Tout est beaucoup plus intense, instable, même émotionnellement. Chaque nouvelle a un impact direct sur la survie de ta boîte, la nécessité vitale du cash flow devient une vue très appliquée, le cash flow devient vraiment une question de vie ou de mort. C’est une mise en danger heure par heure, avec beaucoup moins de leviers car on passe dans une situation de demandeur auprès des clients, alors que précédemment c’était l’inverse, ma carte de visite ouvrait toutes les portes. C’est un changement de statut, celui “d’avoir été”, avec lequel il faut savoir composer avec humilité.  

Si tu devais donner un conseil aux autres FrenchFounders ?

C'est un peu difficile car les membres FrenchFounders sont tous tellement différents, de par leur activité, leurs domaines d’expertises, leur géographie ! Donner un conseil universel dans ce contexte me semble donc peu applicable, à part peut-être de tout mettre en oeuvre pour arriver à comprendre rapidement sa propre nature, ce que l’on aime et le domaine dans lequel on est bon, pour ne pas se mettre dans des situations de contre-emploi. Pour moi, c’est le goût pour la liberté et une farouche indépendance !

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