Morning : repenser le bureau pour passer une “bonne journée de travail”

On parle beaucoup de présentiel et certains sonnent déjà la fin du télétravail. Un glas sonné qui réjouit les journalistes et un peu moins les principaux concernés. Le bureau : une contrainte pour certains, un plaisir pour d’autres. Car, quand le CEO de Morning Clément, parle de bureaux, lui, il parle de flexibilité, de communauté - entre autres - et de cafés qui n’ont pas le goût de jus de chaussettes.
Retour sur le parcours qui a mené Morning à la vision du bureau de demain.
San Francisco, le déclic
Tout commence en 2008 à San Francisco, berceau des startups tech. Clément y lance son premier espace de coworking.
“À mon retour en France, en 2012, j’ai excubé Bureaux à Partager (BAP), un projet monté chez Fabernovel pour mettre en relation les entreprises qui souhaitent louer leur surplus de bureaux, et celles en recherche d’un espace de travail. Puis BAP est devenu Ubiq en 2022” explique Clément.
De BAP à Ubiq, l’expérience lui confirme un constat : le modèle classique de bail 3/6/9 ne suit pas la croissance des startups et scale-ups.
«Comment grandir sereinement quand on ne sait pas si on sera 50 ou 150 personnes dans deux ans ? » questionne Clément.
C’est en partant de ce besoin qu’est née Morning en 2014. L’objectif : offrir une expérience complète.
“Au-delà de la simple question immobilière, nous voulions aussi améliorer l’expérience du bureau en proposant des services pertinents (du wifi de qualité, du bon café bien sûr), mais aussi des moments pour apprendre et se rencontrer (conférences, interventions d’experts), une expérience de travail qui tend progressivement vers les codes de l’hospitalité avec de la restauration, des séances de sport et de bien-être. Sans oublier l’ADN du coworking tel que je l’avais expérimenté aux États-Unis : favoriser les rencontres professionnelles et créer une communauté. Aujourd’hui, ce modèle convainc toutes les tailles d’entreprises, jusqu’au CAC 40” relate Clément.
Le Covid, révélateur plus que fossoyeur
Mars 2020, le couperet tombe : tout le monde restera chez soi, ou presque. Covid oblige. Les médias titrent la fin du bureau.
Morning s’adapte rapidement : offre nomade, badges rotatifs, espaces modulables avec phone boxes, salles de réunion et salons. Des services nés de l’écoute des clients, dont plusieurs ont été pérennisés.
“Avant la pandémie, dans une grande majorité d’entreprises, la venue au bureau était systématique et rarement questionnée, on venait parce que c’était comme ça. Mais ce modèle n’était pas forcément adapté à toutes les tâches” ajoute le CEO de Morning.
B Corp, un engagement opérationnel
Certifiée B Corp depuis 2022, le label guide les décisions de Morning, de l’énergie verte aux choix stratégiques, comme le précise Clément :
“Je vais prendre un exemple très concret : avec Nexity, nous avons créé L’Accélérateur, un programme d’accompagnement de solutions responsables pour le second œuvre et la construction. Dans l’une des promos, on retrouvait Lite, un logiciel d’energy management. Grâce à leur expertise et leurs conseils, nous avons changé de fournisseur d’électricité pour du 100% énergie verte et locale. Ce genre de décision forte découle directement des critères B Corp. La certification nous pousse à penser impact à chaque étape, à mesurer, à comparer. C’est un vrai engagement opérationnel au quotidien”.
Le bureau de demain : un lieu de liens
Face aux mutations du travail (innovations technologiques, la montée du freelancing et de l’entrepreneuriat, aspirations des jeunes générations pour leur équilibre vie pro / vie perso…) Clément constate une forme de “dé-territorialisation du travail.”
”Je pense que cette tendance va encore s’accélérer en parallèle du développement de l’intelligence artificielle. Le bureau deviendra moins un lieu de travail, qu’un lieu de liens et de flux. Il sera pensé et aménagé pour favoriser les rencontres professionnelles, des discussions informelles desquelles naissent de nouvelles idées. Finalement, l’essence même du coworking : moins de présence contrainte, plus de rencontres choisies et de communauté” expose Clément.
Une vision que Morning incarne déjà au quotidien, à Paris, et depuis peu à Annecy, où l’entreprise a ouvert deux espaces pour porter ce modèle en région.
Toolbox / Passer une bonne journée de travail, selon Clément
“Chez Morning, notre objectif est “que chacun passe sa bonne journée de travail” : c’est quelque chose de propre à chacun, personnalisable à l’infini, donc voici les éléments de ma bonne journée de travail” :
- Voir du monde. S’isoler ponctuellement pour travailler est utile. S’y enfermer durablement, non. La curiosité se nourrit de rencontres, planifiées ou non.
- Laisser place à la sérendipité. Les meilleures idées naissent souvent d’échanges imprévus.
- Fêter les victoires & faire le bilan de sa journée. On passe trop vite d’une tâche à l’autre sans prendre le temps de savourer ce qu’on a accompli seul, ou avec son équipe.
- Faire du sport. Indispensable pour aligner la tête et le corps.
- Choisir son environnement. Un espace de travail qui répond à vos besoins change tout à la productivité et au bien-être. Comme Morning ;)
On vous souhaite une bonne journée de travail !